dimanche 20 janvier 2013

Indiscrètes lectrices (IV)

(Suite et pas fin du douloureux supplice. Il y sera manifestement question d'écriture)


« La métaphore que je préfère, de ma position dans l'existence, est celle du passager clandestin »


Henriette Browne, A girl writing (1860-80)
LUNA DELSOL ― Quelle est la qualité essentielle pour vous chez un écrivain ?

Qu'entendons-nous d'abord par « écrivain » ? Qu'entends-je, moi, par « écrivain » ? Toute personne tenant une plume et publiant n'est pas forcément un écrivain. Je ne dissocie pas l'écriture et l'art. L'écrivain, pour moi, est d'abord un artiste, mais il n'est pas que cela. S'il n'est que cela, on obtient une chose aussi bariolée, illisible et futile que Cobra, roman de Severo Sarduy paru en 72. Un intellectuel brillant, tel que n'est pas le bouffon cosmique Bernard-Henri Lévy, mais qu'est le médiéviste Jean Favier, produira de solides essais, sans pour autant, à mes yeux du moins, mériter le titre d'écrivain. L'écriture pour ces derniers n'est qu'un média. Ce pourrait être un autre média et ce l'est souvent (la chronique radio, la conférence, le cinéma, etc.). L'écrivain, dans quelque genre qu'il s'illustre, est donc pour moi celui que hante le besoin physique d'écrire. Flaubert, Kafka, Céline. Le côté maniaque et graphomane de leur pratique. Je parlais de Jean Favier. Son ouvrage La guerre de Cent Ans est assurément une référence, mais que c'est pénible à lire et sec ! Prenez de Pierre Gascar son livre Charles VI, le Bal des Ardents, et voyez la différence. Favier est un professeur, Gascar un artiste. La biographie de François Villon par Pierre Champion est à la fois une référence absolue, insurpassable, et un chef-d’œuvre artistique. Je ne sais rien de plus passionnant que ces livres qui nous instruisent autant qu'ils nous divertissent. Un dernier exemple fameux : le Praga magica d'Angelo Ripellino, sur Prague. Quel bonheur de lecture !

L'auteur avant d'être un écrivain est avant tout un homme. Cet homme-là possède ou non des qualités qui lui serviront ou lui manqueront lorsqu'il sera à l'écritoire. Il doit utiliser à fond ses cinq sens, prendre la mesure du réel, être réceptif aux vibrations. Si cet écrivain est un romancier, il lui faudra un œil. Il devra tout observer, y compris les choses triviales, et voir ce que le commun des mortels ne voit pas, ignore, néglige. On pense que les écrivains ne sont intéressés que par le sublime, l'exceptionnel. Ce qui doit être exceptionnel ou sublime, c'est le regard que l'écrivain porte sur les choses, non les choses en elles-mêmes. Joyce, ainsi, ne trouvait pas ridicule et indigne de son génie d'attarder longuement son regard sur le spectacle en apparence insignifiant de deux vieilles femmes en train de ramasser des coques sur une plage irlandaise, ni sur celui d'un chien baguenaudant sur cette même plage, précisément décrit en action, comme filmé.

Ce regard aigu ne servira pas à grand-chose si, des heures, des jours, des mois ou des années plus tard, notre écrivain s'avère incapable de retranscrire sa vision. Il aura peut-être pris des notes, esquissé des croquis, mais cela ne suffira pas. La qualité physique de l'homme devra alors céder le relai aux qualités intellectuelles de l'écrivain. Il lui faudra se souvenir, trier, choisir, agencer, et son imagination devra pallier les lacunes du regard. Écrire est toute une alchimie, un processus très complexe. On ne pense pas à cela lorsqu'on écrit, à moins que de se regarder écrire, comme tant d'écrivains contemporains s'y complaisent, dont les livres sont pâles, plats, minces de forme et de fond. 

Une autre qualité essentielle de l'écrivain, s'il est romancier, c'est l'empathie, soit la capacité de se glisser dans la peau d'autrui, de ressentir avec autrui, à sa place, des émotions que l'auteur ne ressent pas alors, s'il a pu les éprouver chez lui parfois, voire des émotions inédites, qu'il a observées, qu'il s'efforce de ressentir et qu'il ressent parfois pleinement, par appropriation. 

Les écrivains sont réputés égocentriques, vaniteux. C'est vrai, hélas ! pour beaucoup d'entre eux. Surtout, c'est vrai à la ville ; plus rarement à l'écritoire. L'écrivain digne de ce nom, au travail, est forcément le plus humble des forçats : il n'existe pas, il s'efface, se dissout. Emma Bovary vole la vedette à Flaubert quand Gustave à Croisset la met en scène. Ces heures passées dans l'ombre des créatures font sans doute que, à la ville, les écrivains se vengent et débordent d'eux-mêmes. 

PALMA COMITI — Pourriez-vous écrire sans être le personnage principal, faire abstraction de votre vous pour écrire un  texte qui dirait la vie d’un autre, dans un environnement qui vous serait inconnu, et où les mots seraient nouveaux ?

Non seulement je peux, mais c'est ce que je fais depuis presque trente ans que j'écris. Ce que vous lisez de ma plume sur mes blogs n'est que la crème fraîche de mon gâteau, la partie visible de mon iceberg. Ma vie, telle quelle, ne m'intéresse pas, ni mon personnage que je trouve un peu mince. D'ailleurs, lorsque j'écris dans mes blogs, ce n'est pas tant de moi que je parle que de ma sensibilité, de mon ressenti. Ce n'est pas alors le bonhomme que je mets en scène, mais ses affects, ses émotions, ses rages, ses déboires et maigres succès. Nous sommes assez loin de la pure exaltation d'un être imbu de soi-même. 

Je dois avoir écrit une bonne quinzaine de romans, la plupart inachevés, abandonnés, avortés, au bout de cinquante, cent ou deux cents pages. Aucun ne parle de moi, aucun ne décrit mon univers, aucun ne raconte quoi que ce soit de mon existence. Si je suis capable de décrire précisément la réalité, celle de mes jours actuels ou enfuis, je suis surtout un écrivain d'imagination — de grande, d'intarissable imagination. Un exemple ? Je mène de front, toujours, plusieurs travaux. L'un d'eux est un roman, Le Christ de Monteiro. L'histoire est à la fois violente, horrible et négligeable. Je veux dire que l'auteur feint de faire passer pour négligeables des événements atroces. Je ne décris qu'en passant des scènes insoutenables, non par pudeur ou charité chrétienne, mais parce que mon but n'est pas de choquer, ni de satisfaire le goût dépravé d'un public shooté aux américonneries cinématographiques. Je n'occulte ces scènes que pour mieux les rendre obsédantes. Elles sont la toile de fond de mon histoire, une histoire qui se déroule dans une Belgique improbable, post-apocalyptique, hostile, où la chaleur et la sécheresse règnent, une Belgique de western qui se juxtaposerait à des régions familières à un auteur comme McCarthy, une Belgique que des vents capricieux auraient déplacée quelque part entre le Texas et le Mexique, à cheval sur le Rio Grande. Tout ce que j'y raconte est pure imagination, mais décrit avec le réalisme qui me caractérise. L'idée de ce roman est ancienne et les premiers chapitres ont été rédigés bien avant que je ne lise McCarthy, ce qui me trouble d'autant plus.

Pour ce qui est d'écrire avec des mots nouveaux, je m'en passe. Les « mots nouveaux » des écrivains servent la plupart du temps à masquer les lacunes de leur vocabulaire. Question vocabulaire, je suis paré.

PALMA COMITI — Écrire sur votre vie, est-ce un questionnement pour trouver des réponses afin d’introspecter au plus loin de ce qui vous fait souffrir et vous empêche de vous réaliser ou une remise en cause des autres qui viendrait questionner ce qui vous fait semblable au commun des mortels, une insupportable réalité ?

Je suis semblable, merci Jésus, au commun des mortels. Je ne souffre pas de cette réalité parfaitement supportable. Si je ne me sens pas toujours à ma place socialement et si je déplore parfois de n'être que ça, je suis à l'aise parmi les hommes et d'une parfaite discrétion. Certes, je me sens différent ; en aucun cas meilleur ou supérieur. La métaphore que je préfère, de ma position dans l'existence, est celle du passager clandestin : je ressemble aux autres passagers, nous sommes sur le même bateau, mais je ne me suis pas acquitté d'un titre de transport. Ma différence ne se remarque pas et je n'éprouve pas le besoin de me distinguer. Rebelle, si vous voulez, mais rebelle policé. Dangereux, donc. Sournois.

Je ne choisis pas, dans mes articles de blog, d'écrire sur ma vie. Je ne me dis jamais, ou rarement : « Tiens, je vais écrire ceci sur ma vie » — parce que ma vie, une fois encore, ne m'intéresse pas comme telle. Elle m'intéresse comme expérience, comme singularité. Si ma vie ressemble à tant d'autres, le regard que je porte sur la vie est un regard de domestique indiscret : les mystères du château m'intriguent. C'est pourquoi l'on me surprend si souvent l’œil rivé aux serrures, à regarder ce qui est ordinairement caché aux hommes de ma condition. Et ce que j'apprends de beau ou d'affreux, je m'empresse de le révéler. Je suis volontiers impudique avec la vie d'autrui. Mais un secret que l'on me confie sera très bien gardé. Je suis un voleur, non un délateur. Je vous ai donné des images : débrouillez-vous avec elles. 

Je me pose des questions, mais je ne suis pas sûr d'avoir toujours envie de trouver des réponses. Je ne suis d'ailleurs pas dans l'interrogation psychologique, mais spirituelle. Si j'ai l'air de chercher ma place, ce n'est pas dans le monde, parmi les hommes, mais dans le cosmos, parmi les dieux. Je sais de quel ventre je suis issu. J'ignore pourquoi. Est-ce que cela a un sens, un but ? Si oui, quel sens et quel but ? Et suis-je acculé à ce destin ? Ne puis-je pas me rebeller, ruer des quatre fers et prendre un chemin de traverse à ma convenance ? Bref, suis-je libre ou enchaîné, au-delà du sort dévolu aux mortels ? 

Si je souffre, ce n'est pas une souffrance psychologique et je n'écris pas pour me soigner. J'écris, lorsque je souffre, pour exaspérer ma souffrance, la sublimer, changer ce plomb en or, ce caca en boudin. Si j'y arrive ? Parfois...

PALMA COMITI — Quand vous écrivez, y a-t-il ré-émergence d’un désir qui vous ferait enfin naître à la vie ou la confirmation d’un état de désespérance, que rien ni personne ne vaut la peine ?

Le simple et naturel désir de l'espérance m'encourage à vivre, pas à écrire. L'idée que je doive naître enfin à la vie me paraît saugrenue, car je n'ai pas le sentiment d'être fort mort. Je suis calme, ça oui. Si par vie vous entendez explosion de joie, exploit de funambule, extase ou danse, je préfère, avec votre permission, demeurer dans l'ombre et avoir l'air d'un mort, d'un moribond. Je n'entends pas que vivre doive être quelque chose de forcément pétulant. J'ai certes un petit côté farfadet espiègle, lutin rieur, mais pour le principal, au plus profond, je suis un type pas mal austère. Je suis foncièrement un gars tranquille et pas, comme vous semblez le croire, un tourmenté de nature, un cri dans l'obscurité, un aboi dans un puits. S'il m'arrive d'être grave, je ne suis pas toujours sombre — ou si je le suis, c'est par contingence, humeur, non par tempérament ou attitude (l'image toujours attirante, auprès de certaines femmes, du ténébreux). Je suis une taupe, et comme toutes les taupes, je creuse des galeries. Ce n'est pas une sotte occupation. De temps en temps je viens faire un petit coucou à la surface. Je ne reste pas, car la lumière n'est pas mon élément naturel.

PALMA COMITI — Écrire, pour vous, est-ce vous trouver ou vous perdre ?

Lorsque j'écris, quoi que j'écrive, j'en attends toujours un plus, un enrichissement personnel, une sagesse. Je ne halète pas lorsque j'écris, l'enjeu n'est jamais une question de vie ou de mort. 

Écrire est parfois difficile, en raison de mes exigences de style. S'il n'y a pas là-dessous d'enjeu vital, il y a un jeu, une partie de cache-cache ou de cligne-musette comme jadis on disoit. Je joue à me perdre et joue à me trouver. Je me fais des crocs-en-jambe et des pieds-de-nez. Je me jette de ma propre initiative dans la semoule et j'y pédale comme un forcené. Je m'envoie des coups de pied au cul magistraux et cela fait rire en moi l'enfant, l'amateur d'embrouilles et de quiproquos, d'humour à la sauce Worcester. Je m'enfonce jusqu'au nez un bonnet d'âne, je me fous à poil et j'en rougis de confusion. Je me jette des sorts et des harengs. Je plonge en eau froide, moi qui déteste le froid et nage comme une enclume. Je me perds en des labyrinthes que j'ai moi-même conçus, et lorsque j'en réchappe, je suis doué pour faire croire que je sors des enfers où de pernicieux diables m'auraient colloqué. Tout ça pour vous dire qu'il entre dans ma conception de l'écriture une part importante de plaisir.

PALMA COMITI — Quel salut pensez-vous trouver dans l’écriture ?

Le salut de mon public imaginaire : quelques chapeaux se soulevant à mon passage, des signes de reconnaissance, de sympathie et d'affection lointaine. La rédemption et ces fariboles trop sérieuses, je n'y crois guère. La littérature hyper-sérieuse des constipés pour qui la pratique de l'art est un cérémonial sacré, la plupart du temps provoque chez moi, au-delà d'un très vif agacement, « une crise de gondolance extrême », pour le dire à la manière de Vian. Étonnez-vous que je sois avec Nimier, Blondin, Aymé, Léautaud, contre tous ces pontifes de la plume qui ne sourient jamais, oncques ne plaisantent. Un bel exemple contemporain : le bellâtre — ou plutôt bel âne — Haenel. Lorsque cet imbécile en fustanelle jaunie prend la plume, quand même ne serait-ce que pour rédiger sa liste de courses, il devient solennel, fait son Malraux invitant avec emphase et componction Jean Moulin à entrer « ici ». Ainsi, chez Haenel, un épicier qui se gratte le cul et flaire ensuite ses doigts devient un penseur très profond que le remords métaphysique démange. La moindre connasse chez lui est une réincarnation de figure mythologique. Les chiens de ses livres ont lu et commentent Heidegger. Comment voulez-vous ne pas avoir des envies de baffes en présence d'un si boursouflé parasite ? 

PALMA COMITI — Sinon, c’est quoi écrire pour vous ?

Sinon... c'est mettre à distance, à bonne distance, ce qui me touche d'un peu trop près, menace mon intégrité physique ou mentale. Et l'humour est un assez bon moyen de catapulter au loin les ordures. Notez-le : je vous dis ça là, parce que je suis de bonne humeur. Reposez-moi la question un autre jour et je vous dévide un chapelet entier de litanies. 

Je croyais, voici longtemps, que je devais écrire, en vertu d'un improbable décret divin ou d'une malédiction. Je sais aujourd'hui que je peux et que je veux écrire. Et si je n'écris pas ou plus, ce ne sera pas grave. Je me mettais une pression infernale et la plupart du temps me forçais. Je n'avais rien à chier : je poussais, devenais tout rouge, m'éclatais le fion pour une minuscule crotte. J'ai bien plus à dire aujourd'hui et suis capable de mille fois mieux le dire, et je me retiens aisément :  cela n'est rien, cela n'est pas attendu, cela, même écrit, ne sera pas lu — à quoi bon dès lors m'énerver, perdre mon temps à des lubies, me procurer des maux de tête et des nuits sans sommeil (il est 7 h 30 du matin et j'écris depuis 1 h 30) ? Chaque jour, j'entends des gens parler, par dizaines : il n'est jamais question de littérature, ni même de livres. Du reste, moi-même... Et je me fous de la littérature, soit dit en passant.

LUNA DELSOL ― Servez-vous l'écriture ou l'écriture vous sert-elle ?

L'écriture me sert et sert éventuellement autrui, quand par bonheur j'exprime quelque chose de juste et de pas banal (ce n'est pas tous les jours). D'une maison, il faut évacuer les ordures, n'est-ce pas ? D'un être aussi. Je suis plein de ces ordures qu'on nomme affects et je dois m'en débarrasser sous peine d'encombrement et de névrose. Mais au lieu de vous vider ça manu militari par la fenêtre, sans égard pour le piéton tout en bas, je vous emballe ça proprement et descends mon petit sac avec des ronds de jambe et des entrechats de ballerine moustachue. Un souci d'élégance, un désir de forme. Sinon, bah !

Servir l'écriture ? Ça ne veut rien dire. L'écriture est le moyen, l'instrument de l'écrivain, comme la truelle est l'instrument du maçon. Je vois mal un maçon se vanter de servir la truelle, quand sa pratique prouve que c'est au contraire la truelle qui le sert pour exercer son art de maçon. Vous pourriez me demander par contre si je sers la littérature, à quoi je m'empresserais de répondre non et que je m'en bats les flancs. J'ai le souci d'honorer ma langue, ou plutôt de ne pas la déshonorer. À tort ou à raison, que je publie ou non, je me considère comme un écrivain. Il se fait que j'admire un nombre considérable d'écrivains. Admettons maintenant qu'il existe un paradis pour les écrivains, là-haut. Eh bien, j'aimerais pouvoir y être reçu chaleureusement et non à coups de figues, de kakis pourris et de sarcasmes. Je vous rappelle la condition familiale de mon enfance : né là, élevé ailleurs, balloté avec mon nom entre deux familles, sans jamais me sentir ni de l'une, ni de l'autre. Je n'ai pas pu choisir mon destin d'enfant et cette incertitude ne m'a pas rendu spécialement joyeux. Je m'en suis vengé en me nommant moi-même et en me choisissant une famille, celle que je crois la plus proche de ma sensibilité, celle qui, je pense, me comprend le mieux, sans bavardage liminaire ni oiseuse redite. Ceux qui me demandent de commenter une phrase pourtant clairement formulée, s'ils ne se foutent pas de ma gueule, ils me gavent. J'adore les imbéciles — mais quand il n'y que ça qui bourdonne autour de vous, à un moment vous criez : « Assez ! »

17 commentaires:

  1. Question d'un mâle, ou présumé tel (volontiers provocatrice, je le reconnais) : quel plaisir (coupable ?) éprouvez-vous à répondre aux questions vaines de ces bas bleus qui feraient mieux de s'occuper de tricot ou de cuisine – et de le faire bien ?

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    1. Elles s'occupaient de tricot et de cuisine, de piano et de messes dominicales : c'est moi qui suis allé les chercher pour me faire danser. Je danse encore, j'en ai les guibolles qui flageolent.

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    2. J'ai un message pour vous de Palma Comiti : « Vous direz de ma part à Didier Goux qu'à mon grand désespoir je ne sais ni tricoter ni faire la cuisine et que je l'emmerde. »

      Vous voilà saucé, si je puis dire.

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    3. Hé ! hé ! hé ! De toute façon, j'm'en fous : la mienne, de femme, sait faire les deux, alors…

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    4. Alors donc de votre côté occupez vous de refaire votre blog et de le faire bien qu'il soit un minima intéressant parce que de ce que je lis ce n’est pas vraiment palpitant et si jamais contentez vous de réparer ce qui cloche dans le moteur de votre bagnole, parfois un homme les mains dans le cambouis est nettement plus captivant que celui qui se croit "homme de lettres".

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  2. Goux baffé ? Goux battu ? Goux couvert de bleus ? Une attaque par surprise des bas-bleus ? Hollande va-t-il intervenir ???

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  3. Plus aucun garagiste amateur ne peut réparer une voiture actuelle, même pas changer un phare!

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  4. Les Goux et les couleurs ne se discutent pas.
    Par contre je ne porte que des bas à résille noirs,n'en soyez pas surpris,
    et j'aime bien visiter l'antre des ours pas bien méchants, rioteux,et gromelleux car il s'y cache des réserves de bon miel.

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  5. "L'écrivain, dans quelque genre qu'il s'illustre, est donc pour moi celui que hante le besoin physique d'écrire"

    Bizarre définition!
    Que savez-vous de ce besoin physique lors de la lecture ? Dans les biographies peut-être, mais quelle écriture d'un grand écrivain vous dévoile-t-elle cela?
    Quand un écrivain éprouve le besoin de nous faire part de sa passion forcenée de l'écriture, c'est plutôt mauvais signe, non?
    Lit-on cela sous la plume de Balzac, de Proust, de Tolstoï, etc.?

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    1. Le besoin physique de l'écriture ? On le sait pour Kafka (ne pouvoir écrire le rendait malade) et Flaubert, on le sent chez Céline, chez Dostoïevski. Roth (Philip) en parle aussi quelque part, mais pas dans une fiction. Sinon, ceux qui ne cessent de mettre en avant leur passion forcenée de l'écriture sont effectivement pénibles en général. Mais ce que j'appelle « besoin physique d'écrire » ne va pas forcément de pair avec une quelconque passion, forcenée ou non. C'est un besoin physique, comme de se gratter quand ça démange, et se gratter peut être désagréable aussi.

      Les journaux des écrivains sont des mines d'or pour les renseignements sur la pratique (qui, moi m'intéresse).

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  6. « Écrire, chercher ses mots, trouver l’expression juste et la cadence heureuse , s’apparente à la chasse. Il faut saisir le gibier sans l’effrayer. Cela suppose de ne pas courir après la proie, mais de la contourner, à pas de velours. Il faut éviter d’y penser, il faut l’ignorer, en faire le point aveugle dans le champ de la pensée, de sorte à ne pas brouiller le vaste domaine sémantique dans lequel elle s’inscrit et dans lequel elle se cache. C’est à l’improviste, surpris, quand on traçait autour d’elle un grand cercle, qu’elle va, d’elle-même, se jeter dans vos filets. Il y a là une sorte de semi-conscience, ou de sommeil attentif, bien proche de l’attention flottante de l’analyse, qui tend à s’accorder à la délicate et fragile structure du langage, qu’un rien suffit à briser.» (Jean Clair, “Journal atrabilaire”)

    Qu'en pensez-vous?

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    1. J'en pense qu'il décrit précisément un processus qui s'apparente à une vieille danse propitiatoire à la manière indienne, processus que je connais tel que Jean Clair l'observe.

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  7. "Le besoin physique de l'écriture ? On le sait pour Kafka (ne pouvoir écrire le rendait malade) et Flaubert, on le sent chez Céline, chez Dostoïevski. Roth (Philip) en parle aussi quelque part"

    Certes mais en quoi cela fonde leur qualité d'écrivain, le génie particulier qui les différencie des autres?

    Combien possèdent cette passion sans avoir pour autant la dimension d'un écrivain?

    Encore avez-vous évité l'horreur absolue que l'on entend hélas souvent:

    Écrire est une thérapie.

    Non! non! Surtout pas! Que les malades restent malades ou consultent leur médecin, la littérature réside en dehors des sanies. Elle est allégresse mais ne soigne personne.

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  8. Il existe aussi des graphomanes qui n'ont pas la moindre qualité d'écrivains. Le génie des écrivains que je cite n'est pas dû au besoin qu'ils ressentent d'écrire, ce serait trop facile sinon.

    Je ne dirais pas qu'écrire soit une thérapie, mais une catharsis, oui. Le but n'est pas de guérir, mais d'exprimer. Et ce qui différencie l'écrivain du graphomane est la volonté de mettre tout cela en forme, d'organiser le chaos, d'en faire quelque chose qui intéresse l'art et non la médecine ou la psychiatrie. Le cas d'Artaud, parfois limite (les glossolalies qui n'ont rien de littéraire, quoi qu'en disent ceux pour qui Artaud ne doit pas être jugé médicalement mais littérairement, toujours). La biographie personnelle de l'écrivain nourrit tout de même son art, même s'il ne parle pas de lui-même directement.

    La finalité d'une thérapie est la guérison. Un écrivain qui chercherait à guérir se suicide obligatoirement, puisqu'il tend à détruire ce grâce à quoi il écrit (son malaise, son tourment, etc.).

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  9. Le pourquoi est une belle question pour enfants s'il est léger et sans conséquence.
    Le pourquoi insistant,soi-disant profond est la mort de l'art.
    J'écris donc je suis.
    Pourquoi ?
    Par curiosité. Par orgueil. Parce qu'il faut bien choisir entre le suicide et le chant.
    Hugo Claus.

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    1. Hugo Claus, qui avait réponse à tout légèrement... celui-là même qui prétendait préférer faire éternuer son personnage s'il n'avait rien de plus intéressant à lui faire faire à ce moment-là !

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