dimanche 15 janvier 2012

De France viendra-t-elle encore, la révolution ?

La France, dans l'histoire des révolutions, de celles qui bouleversent durablement le cours des choses, est un pays particulier. Rien en France ne se passe jamais comme ailleurs. Les Français, que l'on a connu veaux sous le Général et moutons depuis, en dehors du pschitt révolutionnaire de 68, sont capables en un rien de temps de se muer en une créature hybride fascinante, mélange de coqs enragés et de rhinocéros blessés, donc furieux. Les Français tardent à y aller (au turbin, à la messe, à l'apéro, sous la douche, à la guerre...), mais quand ils y vont, ce n'est pas pour y faire de la figuration. Et comme en général les révolutions initiées en France font tache d'huile, je suis relativement optimiste pour l'avenir, le très proche avenir. 

On me reprochera une fois encore d'attiser le feu, de rêver à des massacres auxquels je participerai de loin, en dénombrant les morts sur mon écran, en robe de chambre, rasé, parfumé, la clope au bec. La perspective d'un bain de sang ne peut en aucun cas me réjouir, nulle part. Je ne suis pas non plus, quand le tocsin sonne, du genre à m'en battre les flancs et à poursuivre nonchalamment le curage de mon élégant nez. Or, le tocsin sonne depuis pas mal de temps et nos dirigeants font semblant de ne pas s'affoler, tels les fameux moutons du roué Panurge. Il faut rappeler cette histoire dont on oublie trop souvent la queue. 


Panurge, compagnon et faire-valoir de Pantagruel dans le roman de Rabelais, voyage en compagnie de son ami vers le « pays des lanternes ». Sur le bateau, Panurge se querelle avec le marchand Dindenault. Par vengeance, il lui achète un mouton et le précipite à l'eau. Tous les autres moutons, en bons bêlants moutons, le suivent et se noient. Dindenault, accroché au dernier mouton qu'il espère ainsi sauver, par imprudent réflexe et sottise, accompagne son cheptel dans la débâcle et les flots. On oublie fréquemment cette chute, intéressante à plus d'un titre dans le contexte économique et politique actuel.

Le tocsin bat son plein depuis la crise américaine des subprimes de l'été 2007, et triplement depuis l'une des plus manifestes conséquences de cette crise : le krach boursier de l'automne 2008. Depuis, et malgré les promesses de réformer un système capitaliste aberrant (pas forcément en soi, mais par les libertés qu'on lui a laissées en vertu de cette idiote et criminelle croyance — un dogme — que le marché se régule de lui-même, comme si une locomotive sans conducteur, lancée à toute vapeur, était capable de réfléchir !), rien de très cohérent n'a été décidé, le navire continue de couler avec ses passagers, le tocsin poursuit son tintamarre et nos dirigeants, tétanisés, font mine que, si cela ne va pas très bien, ça ne va pas si mal que ça dans le fond. Dans le fond de quoi, eh, patates ? De l'océan ?

La perte du triple A français était envisagée voici trois semaines encore — un siècle en temps boursier — comme une catastrophe, au point que le président en avait fait une question personnelle (en clair : « Si nous perdons le triple A, je ne serai pas réélu et ne me représenterai peut-être pas. »). Bourde énorme de sa part, tant la perte du AAA était assurée. Sarkozy a joué la montre, en quoi il prouve qu'il se fichait pas mal que la France perde ce triple A, pourvu qu'elle le perde après sa réélection. À partir de ce moment-là, il aurait eu à nouveau cinq ans pour tripoter ses ficelles et jongler avec nos couilles, dans l'attente d'un très hypothétique retour du printemps économique.

Le triple A français n'est plus, et la catastrophe claironnée n'est plus si catastrophique que ça, à entendre les clowns du sérail élyséen nous débiter les monotones leçons apprises le soir même ou dans la nuit du drame. Ceux-là qui prêchaient hier la cata estiment maintenant que la perte du triple A n'est pas si grave que ça, vu que d'autres ont aussi perdu des plumes et des A pendant la rafale, que ce n'est d'ailleurs pas la France qui est visée par cette dégradation, non, mais la zone euro (Alain Juppé, comique bordelais notoire et diplômé). Si je comprends bien, perdre une jambe n'est pas grave dans la mesure où le voisin (Italie, Espagne) en perd deux. Bel optimisme, ma foi ! Quoi qu'il arrive, ce ne sera pas grave, puisque nous trouverons toujours pire ailleurs. La maison brûle ? Pas grave : les deux maisons voisines ont été bombardées ! Votre fille a été violée ? Pas grave : je connais un type dont les deux filles ont été violées !

Ce monde fonctionne comme une Hydre de Lerne affolée : beaucoup de têtes, aucun cerveau dedans. Plein de capitaines aux commandes du navire, tous très orgueilleux, fort imbus de leurs prérogatives, dont aucun n'est cependant capable de diriger le rafiot, dont aucun ne maîtrise la moindre technique de navigation. Ils prétendent toutefois gouverner et se veulent rassurants, ni plus ni moins que le type bourré grimpant dans sa voiture pour rentrer chez lui à 100 km de là, par temps de brouillard et sur le verglas. On nous prendrait pour des quiches qu'on n'agirait pas autrement. Cette impuissance du pouvoir politique est fascinante par bien des aspects, mais effrayante aussi. Si le sens du mot « fantoche » vous échappe et si vous êtes curieux de savoir à quoi ressemble un fantoche et ce qu'il raconte, guignez François Baroin, écoutez-le. Si ce bellâtre à la voix de basse profonde, ce séducteur forain chic, vous semble avoir la moindre capacité d'infléchir une seule virgule en ce bas monde, eh bien que je sois transformé dans la seconde en cache-poussière ! Et ce monsieur n'est pas n'importe qui, puisque ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. 

Nous avons donc, nous, simples citoyens, pénitents désabusés, le sentiment et davantage que le sentiment, que personne ne tient le gouvernail, malgré les ombres agglutinées autour. Il n'est que de lire la presse pour voir que le sentiment général est qu'on en a marre et qu'il faut que ça pète. Ça commence à grogner dans la soue, et ça n'augure rien de bon pour les figurines au pouvoir, ni pour personne. Cette crise, qui n'était au départ qu'économique et qui le serait restée si nos représentants avaient réagi autrement qu'en agitant leurs grelots et de rassurantes promesses en caoutchouc chinois, s'est aggravée en crise politique et sociale, avec tous les dangers que cela induit. Ce qui se passe en Grèce nous concernera bientôt. À moins que nos pays, ce qui est toujours possible, ne suivent le modèle hongrois de rébellion étatique et remplacent les indigents Mario Monti et autres Loukás Papadímos, purs produits d'un système à bout de souffle et de cynisme, par des Viktor Orbán autrement couillus. Je n'y crois pas pour ce qui regarde la partie occidentale de l'Europe.

« On nous promet que ça va péter, vous le premier, et ça ne pète pourtant pas ! » ricane à moitié l'épargnant, tremblant secrètement pour ses quelques actions et ses quinze napoléons. De fait, on s'attendait depuis l'été à davantage de barouf, à cause des Indignés, des émeutes anglaises, du coup de folie de Breivik, de la crise grecque et du mini-tsunami qui a failli emporter l'Europe au plus fort d'icelle, quand Georges Papandréou, cet automne, menaça de soumettre à référendum le plan de crise concocté pour la Grèce par l'Europe. Que cela n'ait pas pété encore ne signifie pas que ça ne pétera pas. Qui oserait prétendre toutefois que cela va mieux, que les affaires ont repris, que l'optimisme règne, que le printemps s'en vient et que l'avenir rayonne ? Qui, en dehors bien sûr d'une poignée de spéculateurs obèses ? Pas moi, ni vous. La peur est perceptible, et la rage son corollaire. Lisez la presse — toute la presse, aussi bien de droite que de gauche, aussi bien officielle qu'indépendante et confidentielle —, et surtout arrêtez-vous aux commentaires des lecteurs. C'est là qu'il faut sonder, c'est de là que partiront les premières salves — et le petit monde farouche et calfeutré des hésitants, des sceptiques et des petits épargnants frileux, sera bien obligé de suivre, par contrainte et dynamique.

Ça ne pète pas encore, mais ça continue de s'effriter. Les spécialistes le voient, le public le pressent. Pour ma part je vois ça comme un effondrement filmé au ralenti. Je ne peux m'empêcher de revoir les tours jumelles new-yorkaises le 11 septembre 2001. De longues et interminables minutes durant, après les impacts, rien ne se passe. On ne voit que de la fumée sortant des entrailles chaudes et crevées des tours. Ça pourrait durer ainsi des semaines — quand soudain une première tour se dérobe d'un seul coup, puis la seconde. Personne ne s'y attendait, le « scénariste » avait envisagé le coryza, pas le choléra. C'est une chose du même ordre brutal que je crains chez nous. Et comme, par pessimisme ou goût fumeux de l'aventure, j'incline à croire le pire certain, je m'y prépare au moins mentalement. Je n'arrive pas à être optimiste pour la suite politique des événements. Je ne crois pas que la politique apportera la moindre solution en dehors des rustines qu'elle nous fourgue à chaque fois et qui cèdent après une heure. Je vois mal comment, contrainte par quoi, la politique pourrait demain reprendre ce qu'elle a abandonné aux têtes folles du marché. Mon pronostic est donc que les politiciens, ayant fait le choix d'être contre nous (peuples, nations, individus), seront, au mieux, décorés de crachats, au pire pendus, égorgés ou fusillés.

Revenons à la France, ce laboratoire. En avril et en mai prochains se dérouleront les premier et second tour de l'élection présidentielle. À en croire les médias mainstream, dont cependant l'assurance s'effrite chaque jour davantage, le second tour opposera, classiquement, le candidat de la droite et celui de la gauche. UMP contre PS. Sarkozy contre Hollande. D'un côté, un phallocrate nerveux et hâbleur ; de l'autre, un falot tout court, réincarnation grassouillette et bisounoursienne de Guy Mollet (ancien président du Conseil sous la Quatrième République et ancien secrétaire général de la SFIO, l'ancêtre du Parti socialiste français — je le précise pour mes lecteurs non hexagonaux), réputé pour sa mollesse, son indécision. Pour le second tour, Hollande est donné vainqueur avec une écrasante majorité. Ça, c'est en janvier. Les pronostics hivernaux ont souvent été déjoués au printemps, et le favori dans les stalles, sur le papier, ne remporte pas toujours en mai le Grand Prix de l'Élysée. La France s'engoue, puis se déprend. Édouard Balladur et Ségolène Royal en savent quelque chose. Et Lionel Jospin qui s'y voyait déjà, avant de couler dès le premier tour. Il n'est donc pas inenvisageable que l'un des deux favoris actuels calent dans ses starting-blocks.

Il y a ceci de curieux et d'inédit que les favoris des médias n'emballent personne. Tout le monde il en a marre de Sarkozy, personne ne veut vraiment de ce Hollande dénué de charisme comme d'idée. Et derrière, quoi, qui pour enrayer la belle mécanique de ce pugilat électoral peu excitant ? C'est là que ça devient intéressant. En troisième position dans les sondages, aux aguets, l’œil clair et la jambe longue (c'est elle qui le dit), le vent en poupe, Marine Le Pen. Nous y reviendrons. Plus bas, mais qui monte irrésistiblement, le Béarnais François Bayrou. Plus loin, qui ne décolle pas en dépit d'une conjoncture pour lui favorable, le bretteur Jean-Luc Mélenchon. Sauf énorme surprise, je ne crois pas que ce dernier puisse taquiner le quatuor de tête pour une place en finale, mais les voix qu'il récoltera sur son nom vaudront de l'or pour la suite. Pour moi donc, ce n'est pas deux, mais quatre candidats que je crois susceptibles de se qualifier pour le second tour, mais pas ensemble, évidemment. Catch à quatre ! Deux éliminés, deux finalistes, un vainqueur.

Nous pourrions nous amuser à détailler les cas de figure, mais cela conduirait trop loin, et j'ai une douche à prendre, une gueule puis un crâne à raser, trois courses à faire. Je veux m'arrêter au cas de Marine le Pen, l'espoir d'aucuns, la crainte des autres. Bizarrement, si bizarrement que ça paraît louche, voilà une candidate qui se porte au mieux dans les médias, qu'on voit, qu'on entend, qui séduit, qui ne dérape pas, à qui profite la crise, et qui demeure de sondages en sondages en troisième position, la pire, dans une fourchette de 17 à 20%. C'est beaucoup pour la représentante d'un parti aussi peu fréquentable que le FN, c'est peu si l'on considère le véritable engouement dont fait l'objet sa candidate. À lire les commentaires des lecteurs sous les articles politiques du Figaro sur Internet, on jurerait que le plus ancien quotidien de France a viré sa cuti, que du bleu libéral il est passé au brun malodorant du fascisme. Il n'en est rien, bien sûr, mais une bonne partie de son lectorat espère franchement la victoire de Marine, comme ils disent. Je ne dénombrerai pas les journaux (quotidiens ou hebdomadaires) dont une partie plus ou moins importante des lecteurs espère un triomphe de MLP, mais on en trouve jusque dans Le Monde, journal de centre gauche et de gauche selon l'humeur ou la saison ; et c'est intéressant dans la mesure où, pour commenter les articles du Monde, il faut être abonné. Des gens de gauche sont donc bel et bien prêts à émettre un vote en faveur de la représentante d'un parti d'extrême droite ou supposé d'extrême droite. Une telle chose, voici dix ans et la qualification surprise du père de Marine Le Pen pour le second tour, eût été impensable. On parlait à l'époque du FN en se pinçant le nez, avec une moue très dégoûtée et l’œil injecté de sang. Je me souviens encore de la réaction de mon amie de l'époque, une Française, enseignante : en état de choc, comme si une centrale nucléaire à côté de chez elle eût explosé. Bref, il me semble voir des cocardes partout, Jeanne d'Arc fait un tabac... et cependant Marine Le Pen n'affole pas les sondages. C'est étrange.

Courant décembre, le blogueur de chez Marianne, Juan Sarkofrance, ennemi juré du Nain, a publié sur son blog une singulière nouvelle, une véritable bombe : les Renseignements Généraux estimeraient Marine Le Pen à 35% des votes au premier tour. Ce sondage, selon la rumeur, serait tenu secret pour les raisons que l'on devine. 35%, c'est la qualification assurée pour le second tour, et selon moi, une forte probabilité de victoire lors du second. Un commentateur s'empresse de préciser que les RG ne font plus de sondages depuis au moins dix ans, confiant désormais ce soin aux instituts spécialisés : il s'agit donc d'un hoax. C'est possible aussi, sauf que ces 35% me semblent à moi plus conformes à l'impression que j'ai. Du reste, les RG ont peut-être renoncé seulement à publier leurs sondages. Une des prérogatives historiques des RG étant de surveiller les ennemis intérieurs, rien d'étonnant qu'ils sondent discrètement la population, au cas où... Reste à voir la méthode. Si elle aussi fiable que la mienne, la marge d'erreur doit être d'au moins 25% ! Soit. Plus bas dans les commentaires, un second intervenant assène ceci qu'en 2002, seuls les RG donnaient Jean-Marie Le Pen au second tour. Mince alors !

Quelque chose ne va pas, je le sens bien... « Ben oui, m'sieur Yanka, vous nous dites que la politique, c'est mort, faut plus rien attendre d'elle, et puis vous voilà penché sur vos éprouvettes, vos besicles sur le nez et une excitation juvénile d'apprenti laborantin ! » D'accord, je vois... C'est parce que, si je ne crois plus effectivement aux solutions politiques (mais j'en espère quand même, et de musclées), je suis convaincu que la révolution (ou révolte, ou soulèvement, ou sédition, ou insurrection) que j'annonce aura pour déclencheur un événement politique. Cet événement ne sera pas forcément l'élection présidentielle. Il en serait plutôt une conséquence directe, pas immédiate non plus. Je ne pense à rien de précis, Je n'ai pas de plan. Je n'ai pas non plus de fusil. J'ai brûlé tous mes pétards. Me reste plus que des cierges...

9 commentaires:

  1. J'ai la curieuse impression que toute la classe politique est d'accord pour repousser les problèmes dont vous parlez au-delà des résultats de la présidentielle en espérant que le couvercle sur lequel ils sont assis voudra bien rester sur la marmite le temps que les prochaines élections définissent quelle part du camembert politique sera la leur. Et après, bagarre générale!
    Mais je peux me tromper.

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    1. Notre camembert politique restera-t-il au lait cru et moulé à la louche ? C'est au fond la seule question qui vaille.

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    2. Chacun espère que le voisin tombera avant soi. Ce déni de la réalité, cette fuite en avant, cette atonie généralisée, cette impuissance, cette incurie, est le seul traceur politique valable aujourd'hui. Personne ne peut rien, même ceux qui voudraient. Sarkozy fait le matamore, mais il est lié, et la France avec lui, à ces ordures bruxelloises et leur totalitarisme mou (mais efficace). On sortirait de l'Europe qu'on se retrouverait de toutes façons entre les griffes du marché, dont on ne sait jamais quoi attendre, vu le manque absolu de sérieux de ce bidule dingue. Puisque le politique affirme son impuissance en se dédouanant sur des institutions supra-nationales, le peuple doit reprendre le contrôle et coller aux tempes de ces traîtres le canon d'un flingue en état de marche. La révolution, ce ne serait pas tout chambouler, ce serait remettre l'église au milieu du village et les montres à l'heure du bon sens. Bref, de l'ordre, de la volonté, de la poigne, davantage de droiture et la dent dure.

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  2. J'aimerais savoir faire ce que vous venez de faire : analyser de manière pondérée, avec des références et le recul nécessaire pour donner une vue d'ensemble. Un texte limpide, construit, et en plein dans la problématique du moment, tout en en restant comme extérieur. Merci pour cet éclairage.

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    1. Pakounta, si je disposais de la recette, je vous la confierais, surtout à vous. Vous y ajouteriez des épices qui piquent et ça permettrait aux impénitents buveurs de réclamer qui du pinard, qui du Ricard.

      Si truc il y a, c'est une bonne mémoire et des fiches dans la tête, bien classées (ailleurs, c'est le bordel assuré). C'est aussi, vous l'évoquez, une certaine distance, un léger décollement temporel et intellectuel. Cette qualité manque aux politiques qui sont dans l'action immédiate, n'ont pas ou ne prennent pas le temps de réfléchir. Leur temps, c'est l'actualité ; le mien est plus large, moins énervé. Je consulte assez peu ma montre...

      Pour le reste, la construction, tout ça, c'est le métier et la volonté d'être à la fois précis, clair et imagé (mais pas concis, raison pour laquelle je ne pourrais pas être journaliste). Un bon vocabulaire, ça aide aussi à préciser, à nuancer. Mais je vous rassure que j'envie moi aussi un certain talent que vous avez, bien à vous, de désosser le patient, de le baffer d'abondance, avec une froideur épatante, un rigoureux sang-froid et une désinvolture savoureuse.

      Ceci dit, c'est un plaisir de vous voir ici, où les singes de votre estimable espèce sont assurés du couvert.

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  3. Je vous ai fait un petit métissage sur mon blog.. et c'est de vous ça tombe plutôt bien..

    Bing Bing

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  4. ô mais bien le bonjour captain Yanka ..

    Comme vous pouvez constater mon nez fort de langue, flairez donc ce baiser que je ne saurais prendre ..

    Cette nuit je me trouvais aux larges des côtes de Terre-Neuve, je pêchais,.. et n'en voyez pas là je vous prie un péché, ce sont les flots qui m'ont appelée, le chant des muses et des sirènes, leur bruit était si titanesque que j'en entendais presque le commodore de la compagnie britannique White Star Line Edward John Smith hurler à son équipage de faire rejouer l'orchestre. Avril 1912, rappelez-vous, pour le coup celui-ci fut un bien triste poisson(!)

    Quoiqu'il en soit, on ne peut enlever à ce cher capitaine de la transatlantique une constance relativement hors du commun entre bavardages, balivernes et bruits de couloirs des comptoirs jusqu'aux soutes à bagages.

    Et comme ce cher Titanic rencontrant l'iceberg ce 14 avril 1912, vos commérages d'antan, dont je ne me permettrais d'exhumer les cadavres mais juste de les dénicher histoire d'en flairer leur saveur comme une odeur blanche duquel l'échappée ne peut être que belle,.. ils tombent à pic, n'ont pas pris une ride, ou peut-être si, une légère ridule, cette faussette lorsqu'on sourit aux anges..ou au dernier soupir du fond des océans, là où le rossignol chante le sifflet des boîtes noires que les sirènes ont dorées parce qu'elles valent de l'or le long des corridors.. C'est là-bas, dans l'eau delà.. que le chien du Tarot, celui du Marseillais, à l'hymne nationale aboie comme un damné qu'il est temps de se réveiller.

    Marine ! Marine ! Royale la Marine ! Orchestrez donc la foule !
    Le peuple en a assez.

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    1. Je me rends seulement compte que tout le long de mon article j'ai filé la métaphore... marine ! Et la date de naufrage du Titanic : énorme !

      Vous, au moins, vous annoncez la couleur : brune ; et l'odeur : nauséabonde. Certains sont plus circonspects, font semblant d'hésiter ou prétendent voter blanc (ce qui est absurde, puisque le vote blanc n'est pas pris en compte).

      Quant aux cadavres, les miens, que vous avez ressuscités, ils n'ont jamais que deux ans de caveau. On ne pourra pas me reprocher mon inconstance ou ma versatilité. Sur mon rafiot, y a un capitaine à la barre et pas de rhum à bord. Ma barcasse et moi fendons les flots : cap plein Sud. Nous arrivons, nous arrivons...

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  5. Vous prendrez bien une petite Gitane, brune de surcroît ? ..

    Venez donc dans mon jardin vous adosser à mon figuier,..il se situe dans le Languedoc.. le Roussillon, la mer n'est pas bien loin, on y va à pieds, ou à vélo au travers des vignes et du chant des oiseaux, on y voit grincer le mat des bateaux, entendre les voiles parfumer Leucate des surfeurs en planche.. la tramontane, le Sud oui, l'Ouest aussi..

    merci

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